Mon enfant fait des crises : 3 réflexes pour désamorcer sans crier
- charlysecoach
- 4 mai
- 4 min de lecture

Il est 18h30. Vous rentrez d'une longue journée. Votre enfant, pour une raison qui vous échappe - un jouet mal rangé, un écran éteint trop tôt, une tartine coupée dans le mauvais sens - explose. Pleurs, cris, il se jette au sol. Et vous, épuisé(e), vous sentez monter en vous cette vague de colère et vous êtes prêt à exploser.
Vous n'êtes pas seul(e). Et vous n'êtes pas un mauvais parent.
Les crises font partie du développement de l'enfant. Mais personne ne nous apprend vraiment à y faire face. On improvise, on copie ce qu'on a vécu, on cherche sur internet à minuit et au final, ce n’est pas toujours très efficace.
Dans cet article, je vous partage 3 réflexes concrets - issus de mon travail de coach parentale - pour traverser ces moments difficiles sans perdre le lien avec votre enfant.
D’abord, comprendre la crise avant de vouloir la stopper
La première erreur que font la plupart des parents - et je l'ai observée des centaines de fois - c'est de vouloir stopper la crise immédiatement. On explique, on négocie, on menace ou on cède. Tout ça dans les premières secondes et ça relève presque du réflexe, on veut que ça s’arrête tout de suite.
Sauf qu'un enfant en crise n'est pas en train de le faire exprès, rien de personnel dans son attitude. Son cerveau est littéralement débordé. L'amygdale - la zone du cerveau qui gère les émotions - a pris le dessus sur le cortex préfrontal, celui qui permet de raisonner. En termes simples : votre enfant ne peut pas vous entendre, ni vous comprendre, ni se contrôler dans cet état.
Vouloir raisonner un enfant en pleine crise,
c'est comme essayer d'éteindre un feu avec de l'essence.
Ce que la recherche en neurosciences nous montre, c'est que la régulation émotionnelle de l'enfant passe d'abord par la co-régulation : la capacité du parent à rester calme pour aider l'enfant à retrouver son équilibre. Et ça, c'est une compétence. Ça s'apprend.
Réflexe n°1 : descendre à son niveau - littéralement
Ce geste paraît simple. Il est pourtant l'un des plus puissants que vous puissiez poser dans ces moments-là.
Quand un enfant est à terre ou debout face à vous qui le surplombez, votre posture envoie inconsciemment un message de domination. Son cerveau en état d'alerte le perçoit comme une menace supplémentaire. S'accroupir, se mettre à sa hauteur, c'est dire avec votre corps : « Je suis avec toi, pas contre toi. »
En pratique :
• Mettez-vous à genoux ou accroupissez-vous
• Regardez-le dans les yeux sans fixer (un regard trop insistant peut aggraver la tension)
• Adoptez une voix douce, lente, posée - même si c'est difficile
Une maman que j'accompagne m'a confié que ce seul geste avait changé la dynamique avec son fils de 6 ans. « Je ne savais pas que ma façon de me tenir pouvait faire autant », m'a-t-elle dit. Ce n'est pas de la magie. C'est de la neurobiologie.
Réflexe n°2 : nommer l'émotion avant de corriger le comportement
C'est peut-être la chose la plus contre-intuitive de cet article. Quand votre enfant hurle parce que vous avez éteint la télévision, votre premier réflexe est de corriger : « On ne crie pas. On ne jette pas. Ce n'est pas comme ça qu'on fait. »
Le problème ? L'enfant qui n'est pas entendu dans ce qu'il ressent crie plus fort, pleure plus fort, pour que vous compreniez enfin.
Commencez par nommer l'émotion. C'est simple, court, et ça change tout :
• « Tu as l’air très en colère. »
• « Je comprends que c'est difficile pour toi d'arrêter maintenant. »
Ce que vous faites ici, c'est valider l'émotion sans valider le comportement. L'enfant se sent compris. Et un enfant qui se sent compris se régule plus vite. Ensuite, et seulement ensuite, vous pouvez aborder le comportement : « Et même si tu es en colère, on ne jette pas les jouets. »
Réflexe n°3 : attendre que la tempête passe pour parler
Celui-ci demande la ressource la plus rare des parents : la patience.
Pendant la crise, le dialogue est impossible. Toute tentative d'explication, de négociation ou de punition dans le feu de l'action sera inefficace, voire contre-productive. Votre enfant ne peut littéralement pas traiter ce que vous lui dites.
Ce que vous pouvez faire pendant la crise :
• Rester présent(e) sans intervenir si l'enfant est en sécurité
• Réguler votre propre respiration (3 inspirations lentes)
• Lui signifier votre présence : « Je suis là. Je t'attends. »
Une fois la tempête passée, et elle passe toujours, c'est là que le vrai travail éducatif peut commencer. Dans un moment de calme, souvent quelques minutes ou quelques heures après, vous pouvez revenir sur ce qui s'est passé, nommer ce qui était acceptable et ce qui ne l'était pas, et chercher ensemble ce qu'on pourrait faire différemment la prochaine fois.
Ce « débriefing » à froid est beaucoup plus efficace que n'importe quelle punition dans le vif de la crise.
Vos enfants sont en plein développement, en plein apprentissage, ils ont besoin de vous pour apprendre les meilleurs comportements, ils ne peuvent pas les deviner seul, surtout pas après une punition.
Ces réflexes, ça s'apprend
Ces compétences ne sont pas innées. Personne ne naît en sachant désamorcer une crise d'enfant avec calme et sérénité. On apprend, on rate, on réessaie.
Et si parfois vous perdez patience, si vous criez, si vous cédez, soyez rassuré(e), c'est humain. Ce qui compte c’est de mettre en place, progressivement, de nouvelles façons d'être avec votre enfant.
Une vie de famille sereine et épanouie, ça se construit. Ensemble.
Si vous sentez que vous avez besoin d'un accompagnement personnalisé pour traverser ces périodes difficiles, je vous propose un premier échange découverte gratuit. Contactez-moi ou laissez-moi un message en commentaire.
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